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Carton rouge, Mer, société

L’état Français ne veut plus voir de tracteurs sur nos grèves (suite)

Il y a quelques jours avait lieu, au nom de la colère, une manifestation à Plouarzel. J’en étais, bien entendu, mais le mot d’ordre me semblait faussé. En effet, il réclamait juste un accès des tracteurs à la grève pour débarquer les bateaux. Ce qui est une évidence, enfin à ce qu’il me semble, sauf à faire revivre les fameux « chevaux de trait » sur nos côtes  du Finistère Nord. En cause, le zèle d’un seul homme : le sous préfet du Finistère, décidé à faire exécuter de façon effrénée un ordre imbécile.

Or, l’accès à la grève, problème bien réel, n’est pas le seul posé par l’acharnement de ce fonctionnaire français. J’aie moi-même été confronté, en revenant d’une plongée plus vite, plus rapidement que prévu, pour cause de panne de moteur, au dilemme suivant : J’avais à remonter, en début de montante, en vive eaux donc, mon moteur, mon équipement de plongée, mes avirons et mon zodiac, sans rien pouvoir laisser derrière moi. La mer montait vite et la dune était loin. Je n’avais qu’UNE solution, j’ai descendu ma voiture, à mi chemin et, ainsi, j’ai eu le temps, tout juste – la mer était déjà sur les roues – de ranger tout mon matériel, mais, au moins, n’ai je pas eu à laisser du matériel flotter derrière moi. Je ne pouvais pas faire autrement !

Hors, sur la côte, une personne a été contrôlée et procès verbal dressé pour être descendu en tracteur. Il bénéficiera peut être de la mansuétude de la maréchaussée pour un début, mais les (lourdes, semble-t-il) amendes ne devraient pas tarder à tomber. J’ai personnellement contacté une personne qui souhaite conserver l’anonymat, qui a eu ce genre d’ennui avec la gendarmerie, mais qui ne souhaite pas témoigner.

Mais il est un autre côté de cette histoire dont on ne parle pas, c’est le retrait du goémon d’épave, devenu interdit dans les faits, sauf pour les paysans et les retraités paysans. Pourquoi les retraités paysans ? Heureux qui comprend  les mystères de la loi, le royaume des essieux leur est ouvert ! Et les autres, les centaines d’autres, qui veulent aussi, amender leur terre, comme leurs pères avant eux, même s’ils n’étaient pas paysans. Presque tout le monde a un bout de terre à amender. Et bien ce sera NON. Ils prenaient du goémon qui allait pourrir, exhaler une odeur épouvantable, dégoutante, attirer des milliers de mouches, faire fuir des touristes par milliers, pour fertiliser la terre, l’enrichir d’engrais naturel. C’est fini.

Dorénavant pour fertiliser la terre, il faudra acheter des sacs d’engrais, vous savez ceux qui produisent  des algues vertes, contre les quelles ont ne sait pas lutter !!!! Ainsi l’Etat touchera sa TVA, qu’il n’a pas réussi à inventer sur le goémon. Et ensuite, lorsque l’odeur sera vraiment trop repoussante, ce sera le rôle des mairies de se débarrasser de cet ignoble fumier mal odorant, pour le brûler peut être, à l’ancienne et on ré inventerait le pain de soude pour chauffer nos maisons.

A la question posée innocemment par un administré, à la mairie de Kerlouan, il a été répondu, que même à la pelle, il n’avait pas ou plutôt plus le droit de ramener du goémon sur sa terre. Et même pour ceux qui ont des dérogations, les contraintes sont telles qu’elles découragent toutes bonnes volontés.

Il ne nous reste qu’à espérer que la raison finira par l’emporter, avant qu’une personne ne soit verbalisée. Qui sait en  ….. 2012 ? Sinon, plutôt que de manifester « gentiment » à Plouarzel, il nous faudra, sans doute, aller montrer, en sous-préfecture, en y déversant des centaines de kilos, ce qu’est « réellement » du goémon d’épave bien pourri, et comme son voisinage est désagréable visuellement et olfactivement, ça m’étonnerait qu’il faille aux service du sous-préfet une marée pour le faire enlever … Personnellement j’en serai avec mon seau et mes bassines de goémons d’épave. Si vous aussi vous êtes prêts, pourquoi pas ? et pourquoi pas en tracteur ?

Paotr Pagan.

Cet article constitue le second sur le sujet après celui publié dans le N. 0 de Sterne.

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  1. Pingback: La revue N. 10 : mer « Sterne - 31/10/2011

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