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Carton rouge, Langues

Bientôt 120 écoliers de Diwan jetés à la rue par le maire de Lesneven ?

C’est la promesse qu’il a faite aux parents de l’école Diwan de sa commune, s’ils n’acceptaient pas le quadruplement du montant qui leur est actuellement demandé pour le loyer, charges comprises.

Non, vous ne rêvez pas, il ne s’agit pas, cette fois, du zèle d’un fonctionnaire, représentant de l’état Français, mais bien d’un élu d’une commune du Leon, le maire Jean-Yves Le Goff, en plein cœur du pays où le Breton est encore très largement utilisé et forcément important dans l’esprit et le cœur des gens.

Lesneven, là même où renait la passion pour le Bro Gozh Ma Zadoù, Hymne que nous partageons avec le Pays de Galles, d’où est issue la commune de  Carmarthen, jumelée avec Lesneven. Alors, cet effet Bro gozh, sincère retour vers une culture Bretonne ouverte, décomplexée ou, je commence à la craindre dorénavant, simple opération marketing de folklore désuet, pour faire plaisir à nos amis Gallois, sincère, eux ? En effet, comment ne pas remettre en doute, la sincérité des démarches liées à la langue Bretonne de cette municipalité, dorénavant, comme la signature de la chartre Ya d’Ar Brezhonneg ?

L’école Diwan de Lesneven a pourtant un beau passé, une belle histoire, elle va d’ailleurs, cette année, fêter ses 30 ans. Trente ans de travail, de sueur, j’en sais quelque chose, pour y avoir participé à une époque, d’abnégation des parents, des institutrices, des employées non enseignantes, pour aboutir à une école qui est devenu un bel exemple de réussite. Pourtant, tout n’était pas rose, les conditions n’étaient pas faciles, mais, à chaque fois, tout le monde a su se relever les manches, pour assurer le bien être et la réussite de ces enfants, qui, ne l’oublions surtout pas, sont au cœur de tout ce travail et de toute cette bonne volonté. Les parents se sont vite rendus compte que leur dernière école était en très mauvais état, mais, ils ont su faire contre mauvaise fortune bon cœur et ont beaucoup travaillé, plomberie, goudronnage, peinture, allant jusqu’à construire un préau, le tout à leurs frais.

Et voilà que là, après le rachat de l’ancien collège Notre Dame de Lourdes, le maire propose de transformer cette ancienne école vétuste, en parking et d’effectuer des travaux dans l’ancien collège afin d’y loger l’école Diwan, mais pour un loyer, qui, avec les charges quadruplerait le montant mensuel. L’école ne dispose, bien sûr, pas d’un trésor de guerre suffisant, auquel cas, sinon,  il serait plus simple pour elle d’en construire une nouvelle, à l’extérieur de Lesneven tant qu’à faire. Devant la polémique, Mr Le Goff s’est fendu d’un courrier destiné, uniquement, aux parents d’élèves de l’école Diwan, dans le quel, il rappelle le statut « privé » des écoles Diwan, oubliant de rappeler au passage, qu’elles n’en sont pas moins gratuites et ouvertes à tous. Il résume et simplifie le problème en disant que cela correspondrait, à peu près, à 250 € par enfant pour le loyer, (il ne compte pas les charges), oui, mais quid, des 6 employées non enseignantes, employées par les parents ? Quid des frais de cantine ? Quid des frais de garderie ? Quid des frais de remplacements par Diwan Breizh ? Quid du paiement de certaines sorties ? Quid du défraiement de certains intervenants ? Etc. …Et, en obligeant l’école de Lesneven à réclamer de telles sommes, que deviendrait son statut « d’école gratuite » ? A moins que ce ne soit, précisément cela qui gène et dérange…

Extraits de la lettre du Maire aux parents de l’école Diwan de Lesneven : « Familles ayant librement fait le choix de scolariser leur enfant dans une école privée (*)  Peut être que les dons actuels suffiraient à régler le loyer sollicité et que les inquiétudes que vous rencontrez n’auraient pas lieu d’être ? » […] « Je reste convaincu que les parents … ne sont pas opposés à participer financièrement pour atteindre cet objectif, participations déjà versées sous forme de dons par une majorité d’entre vous ».

Après de tels propos Mr Jean Yves Le Goff, nous dit encore, que l’école Diwan est la bienvenue dans la commune dont  il est le maire …Il est en tout cas, très clair pour tous, que ce Monsieur ne connaît, absolument pas le dossier, s’agissant du fonctionnement des écoles Diwan, qu’il confond, manifestement, avec le fonctionnement des écoles confessionnelles. Il n’est pas, dès lors, inutile de rappeler, qu’une majorité de parents serait dans l’incapacité de payer ces sommes réclamées, car, contrairement, à ce que semble penser Mr le maire, Les écoles Diwan sont réellement gratuites et ouvertes à tous.

La municipalité se réfugie derrière la loi, comme c’est pratique, parfois, de s’abriter derrière les préfets, ben oui, ce n’est plus de la lâcheté alors ! C’est de la simple obéissance, même si on peut tout de même noter, que, certains, obéissent plus que d’autres. Quand au « libre choix » effectué par les familles, aucune n’a souhaité, payer des impôts pour une éducation que ne reçoivent pas leurs enfants et devoir, en plus, à se battre jour après jour, même ici, en Bretagne, contre nos élus, pour que ces mêmes enfants puissent apprendre la langue de leur père. Les écoles Diwan exercent un service public en ce sens.

Je vous propose de suivre de très prêt ce dossier, qui, contrairement, à ce que semble penser Mr Jean Yves Le Goff, dépasse le cadre de la commune de Lesneven, même si, dans trois ans, seuls les Lesneviens seront appelés aux urnes.

En attendant, vous pouvez toujours signer la pétition en ligne, à cette adresse.

Et soyez prêt à vous mobiliser, pour soutenir les parents, il y va de l’avenir de plus de 120 enfants.

Paotr Pagan.

(*) Faux débat. Ces enfants, s’ils étaient scolarisés dans un service public, combien couteraient ils à la collectivité ? Question que pose actuellement l’Ifrap, voir ici, le lien vers France-Info, d’une émission avec Emmanuel Davidenkoff.

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Discussion

5 réflexions sur “Bientôt 120 écoliers de Diwan jetés à la rue par le maire de Lesneven ?

  1. Finalement cette histoire à Lesneven est assez significative de l’inadéquation de la législation française à la situation de l’enseignement en Bretagne ainsi que d’ailleurs de la frilosité de la grande majorité de nos élus.

    Voilà une école qui fonctionne bien et qui est dynamique mais dont les besoins font qu’elle doit changer de locaux. Pas de problème particulier puisque la mairie propose de nouveaux locaux mais voilà : une minorité d’élèves sont de Lesneven d’où les remarques de certains élus sur le fait que Lesneven n’a pas à payer pour des élèves d’autres communes… mais voilà : Diwan est une école associative privée donc la collectivité ne peut pas aider directement l’école du fait de la loi Falloux…. Résultat , la mairie demande un loyer exorbitant, façon de répondre aux élus et manière de contourner cette loi Falloux . Pour couronner le tout, le sous-préfet local se permet d’intervenir auprès des élus pour leur demander de « ne rien lâcher à Diwan » .

    Un véritable résumé de la situation bretonne : une loi inadaptée aux besoins bretons, des élus qui sont incapables de concevoir une politique dynamique en faveur de la langue bretonne, l’incapacité de ces mêmes élus à réfléchir et à agir « collectif » pour un tel dossier qui aurait du être traité au niveau de la communauté de communes, et le représentant local de l’état qui entend mettre son grain de sel pour mettre au pas Diwan….

    Et cette situation politique aboutira comme d’habitude à une solution hypocrite que tout le monde acceptera car elle permettra de ne rien remettre en cause : parions qu’un projet de centre culturel breton englobera l’école et que les subventions nécessaires permettront de trouver la solution… Certes la solution sera trouvée, certes Diwan aura de nouveaux locaux, mais cette situation hypocrite qui n’est pas proprement lesnevienne ne fait que ralentir le développement de Diwan et par conséquent l’enseignement en langue bretonne . Bref, des lois inadaptées, des élus frileux et des représentants de l’état qui tentent d’influer dans l’ombre…Il est plus qu’urgent que le système change et que l’éducation en Bretagne soit gérée par les Bretons eux-mêmes et leurs représentants.

    M. Le Drian s’est déclaré jaloux de la situation galloise après que le premier Ministre gallois ait rappelé que l’enseignement du gallois est obligatoire et que 25% des élèves ont le gallois comme langue d’enseignement … Alors chiche, M. Le Drian , montez au créneau, manifestez, demandez la dévolution, bref, remuez-vous sinon vous risquez d’être encore plus jaloux le temps passant et les solutions tordues et hypocrites continueront à être mises en œuvre pour répondre aux questions posées par le développement de Diwan.

    Publié par JL | 27/06/2011, 11:59
  2. C’est juste un détail mais comme ça fait plusieurs fois que ça revient sur le « tapis » , autant donner quelques éclaircissements car ça devient un tantinet agaçant.

    La Fête du Bro Gozh n’a jamais été organisée par la mairie de Lesneven mais par le Comité Bro Gozh http://pbgmz.wordpress.com, association indépendante fondée notamment par Breizh-Kembre, Kanomp Breizh et l’Institut Culturel de Bretagne. Il se trouve que 2 des 3 éditions de la Fête du Bro Gozh ont eu lieu à Lesneven parce que , tout simplement, le Bro Gozh a été déclaré hymne national à … Lesneven en 1903. Bien évidemment, nous avons obtenu le soutien de la mairie pour ces 2 éditions comme nous avons obtenu le soutien du Conseil régional pour la 3ème édition qui s’est déroulé sur les 5 départements bretons.

    Donc simplement, il n’est pas utile d’utiliser cette fête contre Diwan ou vice et versa car ça n’a aucun sens. Plusieurs membres du bureau du Comité ont ou ont eu leurs enfants à Diwan et le souhait général du Comité est de faire partager ses actions au milieu scolaire et en particulier bilingue dont notablement Diwan, comme cela a été le cas récemment à Lorient. A notre avis , il est complètement contreproductif d’opposer le Comité Bro Gozh et Diwan et il n’y a strictement aucune raison pour cela.

    Il y a quelques mois, un point de vue publié dans YA ! utilisait cette fête du Bro Gozh pour jouer sur les mots comme quoi le « Bro Gozh » c’était le passé et Diwan l’avenir en en prenant prétexte pour attaquer la mairie. Les quelques lignes ci-dessus permettront, nous l’espérons, qu’un terme soit mis à l’utilisation de nos actions dans un sens ou dans l’autre.

    Les uns et les autres travaillent pour l’avenir de la Bretagne, pour l’avenir de nos enfants.

    Pour le reste, visitez notre site http://www.brogozhmazadou.com .

    Publié par pbgmz | 27/06/2011, 13:13

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: La revue – N. 2 « Sterne - 27/06/2011

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