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Environnement, Interviews, Mer

Lorsqu’on tue les dauphins en Bretagne

Depuis quelques semaines  la presse fait état de nombreux cadavres mutilés de dauphins retrouvés sur les côtes bretonnes (ici le dernier en date). Ce sujet touche différents points – protection de lenvironnement, image globale de la Bretagne, tourisme, industrie de la pèche – et sinscrit de façon plus globale dans la question de la protection de lenvironnement. Pour lévoquer nous avons souhaiter donner la parole à lassociation Sea shepherd, déjà présentée sur Sterne. Cette ONG a pour objet de sopposer à toutes les formes de pèches illégales.  Suivent nos propres commentaires.

Depuis plusieurs mois la Bretagne voit apparaître sur ses plages un nombre croissant de cadavres de dauphins dont certains sont gravement mutilés. Toutes ces morts ne peuvent pas uniquement résulter de maladies et de causes accidentelles, les découvertes macabres de ces derniers jours laissent  penser qu’il y a une recrudescence d’actes de barbarie à l’encontre des mammifères marins. Le Groupe Sea Shepherd fournira des clichés sans appel (plaie suspecte a la tête, haussière le long du corps).

La loi Française protège les dauphins : NOR : DEVL1124A ,Version Consolidée au 27 juillet 2011. Elle interdit la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement intentionnels incluant les prélèvements biologiques, la perturbation incluant la poursuite ou le harcèlement des animaux dans leur milieu naturel. Les dauphins échoués sur nos plages sont donc concernés par cette loi, c’est la raison de notre réaction vis-à-vis de ces exactions.

Certaines pratiques de pèche causent la mort de dauphins. Depuis trop longtemps il existe en Bretagne une forme d’omerta sur ces méthodes, très rarement dénoncées. En effet, certains pêcheurs voient en certaines espèces d’oiseaux ou de dauphins des compétiteurs pour la pêche.

Autrefois monnaie courante (les pécheurs pouvaient même recevoir une prime de l’Etat pour chaque dauphin tué), des pratiques aujourd’hui strictement interdites perdurent pourtant dans l’ombre.

La Bretagne n’est pas la seule concernée : dans une autre affaire du même genre, deux plongeuses ont récemment découvert dans une calanque près de Marseille trois dauphins tués, lestés de pneus remplis de béton ; ce sont des actes de barbarie caractérisés.  Par ailleurs, les dauphins ne sont pas les seules victimes, récemment nous avons aussi découvert que la pose de palangres [1] proches du bord, du fait d’une disposition trop proche de la surface, provoquait une véritable hécatombe chez les fous de bassan ; sans parler du danger que cela occasionne pour les baigneurs et les surfeurs.

Sea Shepherd se portera partie civile auprès des tribunaux a chaque fois que cela sera necessaire. Une lettre ouverte aux pouvoirs publics aura pour but d’alerter les autorités et le public sur cette situation inacceptable. Enfin, nous invitons quiconque serait témoin de tels actes à en informer les autorités ou Sea Shepherd France

 (avec si possible, photos ,vidéos, lieu, date et espèce concernée) à l’adresse suivante : justice@seashepherd.fr ou  en visitant le lien suivant ( http://www.seashepherd.fr/france/justice-oceans-campagne.html) pour en savoir plus sur notre campagne « Justice pour les océans ».

Sea Shepherd – France

Arnaud Bouysset – responsable du groupe local de Lorient.

Crédit photo : Sea Shepherd France et Mickael LE COZ

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En complément au respect de la biodiversité – et des lois pour sa protection – évoqué par Sea shepherd, la tuerie des dauphins pose plusieurs questions spécifiques à la Bretagne.

Sur la préservation de l’environnement : pas besoin de faire un dessin. Dénoncer le problème des dauphins ne revient pas à cacher les autres questions environnementales en Bretagne (algues vertes, pollution des eaux, maltraitance des animaux en élevages…)  mais sert au contraire de révélateur. Au-delà de la médiatisation de quelques animaux tués, la question est aussi de savoir comment nous pouvons gérer nous même la préservation de notre environnement, adopter et faire respecter des comportements responsables.

Sur l’image de la Bretagne : tuer des dauphins a évidemment un impact important en terme d’image et des conséquences qui vont avec (tourisme, vente des produits bretons…). Alors que les marées vertes sont passées par là, a-t-on réellement besoin d’en rajouter ?

Il ne s’agit pas de stigmatiser un groupe ou une profession. On ne sait pas qui tue des dauphins (même si on a du mal à imaginer qu’un plaisancier soit équipé pour trancher la tête d’un dauphin ou y trouverait un quelconque intérêt), et on accuse pas sans preuve. Mais qui que soient les responsables, il est clair que ces personnes jouent contre : contre leur pays dont l’environnement est dans un état déplorable, contre leur industrie (pèche et tourisme) dont l’image va en souffrir, et contre les générations suivantes qui ne risquent pas de voir des dauphins hors aquarium. Puisque visiblement les responsables sont trop cons pour le comprendre, lorsqu’ils seront pris sur le fait, il est nécessaire que la justice soit sans pitié. Ce n’est pas (seulement) une question de dauphin, c’est surtout une question d‘éthique, et d’avenir.

Sterne

[1] Les palangres sont de longues lignes auxquelles sont fixés des hameçons tous les 50 cm. Ces lignes peuvent être longues de 50/100m à plusieurs kms.

Discussion

10 réflexions sur “Lorsqu’on tue les dauphins en Bretagne

  1. Encore un cas retrouvé à Larmor-plage semaine dernière, un marsouin sans doute, attaché à un bout et décapité.
    La série continue.
    Sea Shepherd se constitue partie civile.

    Publié par BOUYSSET Arnaud | 31/10/2011, 07:44
  2. Mais c’est dingue qui peut tuer des dauphins quel intérêts eux qui sont si tranquilles et qui sont si beaux !! J’espère que ça va s’arreter ou que vous trouverez les coupables !!

    Publié par JoellePrana | 31/10/2011, 10:13
  3. On vit dans un monde triste et sans âme où on entend parler constamment de nouveaux cas de maltraitance, de barbarie gratuite,par intérêt (supprimer les concurrents), par imbécilité (massacrer tous les chiens errants en Ukraine d’une manière innommable), indirectement avec des pesticides des élevages intensifs, des destructions par ignorance. Voila ce qu’est l’humanité. Le fait d’être en surnombre fait de nous des parasites vaniteux alors, peut-être qu’en agissant avec respect au lieu de suivre la masse on pourra améliorer un peu les choses et sauver ce qui peut encore être sauvé.

    Publié par Fontaine Béatrice | 31/10/2011, 11:38
  4. j’ai soudainement honte d’être breton car cette barbarie salie ma terre et ses habitants de manière indélébile.
    malheureusement, même si l’on arrive à mettre la main sur la petite poignée de « taches » qui fait celà, une petite amende et c’est reparti…

    Publié par gorvan stephane | 31/10/2011, 23:29
  5. C’est affreux, mais l’homme est fou, un jour l’humanité payera ses bêtises !

    Publié par mariadesuede | 01/11/2011, 15:24
  6. Mis à part la tête tranchée, les mises en évidence de mutilations doivent être prouvées par une autopsie dans les règles, rapport à la clé, réalisée par un(e) anatomo-pathologiste, sinon, la plainte n’a aucune chance d’aboutir. C’est de la médecine légis., si l’on veut.

    Publié par Sibylline | 20/11/2011, 15:50
  7. Petite explication sur le commentaire précédent : les lésions observées peuvent être post mortem, auquel cas, il ne s’agit pas de « mutilations ». Sur la première photo, l’on voit deux entailles, assez propres, qui peuvent faire penser aux perforations d’un crochet. Le fait qu’elles soient relativement « propres » fait davantage penser à un pêcheur, s’il s’agit de capture accidentelle (et seulement dans cette hypothèse), qui « débarrasse » son filet d’un animal mort pour ne pas endommager celui-ci. Bref, rien ne peut être conclu sans une étude sérieuse, pas plus que cela se soit passé dans les eaux bretonnes.
    Pour ce qui est de Morgiou, la mort des cétacés a été masquée car il s’agirait (mais on attend les résultats de l’enquête) d’une capture accidentelle liée à des méthodes de pêche illégales.

    Publié par Sibylline | 20/11/2011, 18:55

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: La revue N. 10 : mer « Sterne - 31/10/2011

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